Département de la HAUTE GARONNE (31) 
Ville de TOULOUSE

Affaire : SPACE INVADER

PIECES JOINTES :    
   

PROCES VERBAL DE CONTRAVENTION

Le 24 Septembre 2002 à TOULOUSE,
Vu les articles :

L.322.1 et suivants du nouveau code pénal,

NATURE DE LA CONTRAVENTION : 
Peintures dans les rues de Paris, Pau, Montpellier,Tokyo... 

 
 

 

IDENTITE DU CONTREVENANT :          

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>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> http://www.space-invaders.com


INTERVIEW OF INVADER BY AN X320 ARTIFICIAL SYSTEM

Comment peut-on vous appeler ?
INVADER, ... SPACE INVADER ... j'ai gardé le nom du jeu car c'est là une parfaite définition de mon travail. je suis un envahisseur d'espace. C'est trés binaire.

Pouvez vous expliquer votre démarche ?
Pour résumer, je dirais qu'il y a trois pôles essentiels dans ma démarche: la rencontre du pixel et de la mosaique, la transposition d'un jeu vidéo dans la réalité, et un processus d'invasion.
J'aime bien considérer ce travail comme une oeuvre à échelle planétaire... Les notions d'infiniment petit et infiniment grand sont ici en constante confrontation.

Comment tout cela à commencé ?
Le jour où j'ai posé un premier space invader dans une ruelle parisienne c'était une sentinelle car il est resté seul quelques années.
J'ai réalisé qu'il s'agissait là d'un materiau privilégié pour être utilisé sur des surfaces urbaines exterieurs.
Déjà au XVe. siécle, l mosaiste Domenico ghirlandaio déclarait: "La vera pittura per l'eternita essere il mosaico".
C'est donc en 1998 que l'invasion a réellement commencé, que j'ai mis en pratique une stratégie, que j'ai enclenché un programme.

Combien de villes sont touchées, comment procèdez vous ?
Un peu plus d'une vingtaine. L'invasion d'une ville est quelques chose de très intense. Je prépare mes modèles à l'avance, et je voyage avec.
Une fois sur place j'agis vite, et en même temps c'est comme une performance qui s'étale sur plusieurs jours, ça prend au moins une semaine. Je quadrille la ville pour que l'on sente la présence des envahisseurs.

Pourquoi éditez vous des cartes papier des invasions ?
J'y accorde une grande importance car elles synthétisent tout le procéssus. Chacune raconte une histoire, l'histoire d'une invasion, il faut savoir les lire.
J'en suis à la neuvième: "l'invasion de Tokyo".
Je n'en fait pas systématiquement, il faut que je sois satisfait de mon intervention, et qu'il y en ai un certain nombre. Et puis il faut trouver un sponsor pour chacune d'elles car elles sont distribuées gratuitement.
Par contre, je possède une carte personnelle pour chacune de mes invasions. C'est la premiere chose que je fais lorsque je me rend dans une ville étrangère: je me procure un plan qui me permet de donner une forme à l'invasion qui va suivre.

Comment choisissez vous les emplacements ?
Il y a toujours une raison à l'emplacement d'un space invader mais elles sont variées, voire contadictoires: j'aime bien les emplacements stratégiques, où beaucoup de monde passe, mais j'aime aussi les lieux plus confidentiels, presque cachés.
Cela peut être plus conceptuel aussi, comme à Montpellier où ils étaient placés de sorte à former une figure géante de space invaders si on les reliait dans un certain ordre.
Pour résumer disons que les criteres déterminants sont d'ordre photogéniques, architecturaux, symboliques ou cartographiques.

Je crois que vous archivez toutes vos interventions...
Le moindre space invader posé est soumis à une rigoureuse indexation : numérotation, date, position, nombre de points attribués, tous ces éléments sont inscrits dans une base de données. Ils sont aussi photographiés.Au début, je faisais les photos moi même, et puis j'ai fait appel à un photographe (SCS).
En parrallèle, je colle beaucoup de stickers, je peins parfois, je tamponne, et puis j'envahis souvent les médias... mais toutes ces invasions ne sont que des ersatz, seuls les space invaders en mosaïques ou en carrelage sont indéxés. La mosaïque est la voie royale de l'invasion!

Vous ne venez pas du graffiti. Comment êtes vous perçu par ce milieu ?
Il m'a bien accueilli . C'est un monde que je découvre et que je trouve d'une grande richesse. Je collabore parfois avec ZEVS qui vient de ce milieu, on a par exemple fait un film ensemble, une K7 que l'on a faite circuler, sous le manteau, à la manière d'un snuff movie.
J'ai aussi été peindre dans les tunnels du métro avec O'CLOCK qui est l'une des grandes figures du graffiti Parisien ... Je pense que l'essence du graffiti et ce qui me rapproche de lui, c'est le coté illégal et obsessionnel, ça déteint sur nos modes de vie.

Quel est votre message ?
Je n'ai pas de message. Le message c'est l'invasion! Et puis il ne faut pas oublier que ces créatures sont issues d'un jeu vidéo.
Il y a quelque chose de très ludique dans tout ça. Il y a aussi cette idée d'amener le virtuel vers le réel en transformant les villes en terrains de jeux video. Ceci dit, ma démarche se rapproche également de celle des hackers qui répandent des virus au sein d'un système.

Le mot de la fin
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