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IDENTITE DU CONTREVENANT :
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http://www.space-invaders.com
INTERVIEW OF INVADER BY AN X320 ARTIFICIAL SYSTEM
Comment peut-on vous appeler ?
INVADER, ... SPACE INVADER ... j'ai gardé le nom du jeu car c'est
là une parfaite définition de mon travail. je suis un
envahisseur d'espace. C'est trés binaire.
Pouvez vous expliquer votre démarche
?
Pour résumer, je dirais qu'il y a trois pôles essentiels
dans ma démarche: la rencontre du pixel et de la mosaique, la
transposition d'un jeu vidéo dans la réalité, et
un processus d'invasion.
J'aime bien considérer ce travail comme une oeuvre à échelle
planétaire... Les notions d'infiniment petit et infiniment grand
sont ici en constante confrontation.
Comment tout cela à commencé
?
Le jour où j'ai posé un premier space invader dans une
ruelle parisienne c'était une sentinelle car il est resté
seul quelques années.
J'ai réalisé qu'il s'agissait là d'un materiau
privilégié pour être utilisé sur des surfaces
urbaines exterieurs.
Déjà au XVe. siécle, l mosaiste Domenico ghirlandaio
déclarait: "La vera pittura per l'eternita essere il mosaico".
C'est donc en 1998 que l'invasion a réellement commencé,
que j'ai mis en pratique une stratégie, que j'ai enclenché
un programme.
Combien de villes sont touchées,
comment procèdez vous ?
Un peu plus d'une vingtaine. L'invasion d'une ville est quelques chose
de très intense. Je prépare mes modèles à
l'avance, et je voyage avec.
Une fois sur place j'agis vite, et en même temps c'est comme une
performance qui s'étale sur plusieurs jours, ça prend
au moins une semaine. Je quadrille la ville pour que l'on sente la présence
des envahisseurs.
Pourquoi éditez vous des cartes
papier des invasions ?
J'y accorde une grande importance car elles synthétisent tout
le procéssus. Chacune raconte une histoire, l'histoire d'une
invasion, il faut savoir les lire.
J'en suis à la neuvième: "l'invasion de Tokyo".
Je n'en fait pas systématiquement, il faut que je sois satisfait
de mon intervention, et qu'il y en ai un certain nombre. Et puis il
faut trouver un sponsor pour chacune d'elles car elles sont distribuées
gratuitement.
Par contre, je possède une carte personnelle pour chacune de
mes invasions. C'est la premiere chose que je fais lorsque je me rend
dans une ville étrangère: je me procure un plan qui me
permet de donner une forme à l'invasion qui va suivre.
Comment choisissez vous les emplacements
?
Il y a toujours une raison à l'emplacement d'un space invader
mais elles sont variées, voire contadictoires: j'aime bien les
emplacements stratégiques, où beaucoup de monde passe,
mais j'aime aussi les lieux plus confidentiels, presque cachés.
Cela peut être plus conceptuel aussi, comme à Montpellier
où ils étaient placés de sorte à former
une figure géante de space invaders si on les reliait dans un
certain ordre.
Pour résumer disons que les criteres déterminants sont
d'ordre photogéniques, architecturaux, symboliques ou cartographiques.
Je crois que vous archivez toutes vos interventions...
Le moindre space invader posé est soumis à une rigoureuse
indexation : numérotation, date, position, nombre de points attribués,
tous ces éléments sont inscrits dans une base de données.
Ils sont aussi photographiés.Au début, je faisais les
photos moi même, et puis j'ai fait appel à un photographe
(SCS).
En parrallèle, je colle beaucoup de stickers, je peins parfois,
je tamponne, et puis j'envahis souvent les médias... mais toutes
ces invasions ne sont que des ersatz, seuls les space invaders en mosaïques
ou en carrelage sont indéxés. La mosaïque est la
voie royale de l'invasion!
Vous ne venez pas du graffiti. Comment
êtes vous perçu par ce milieu ?
Il m'a bien accueilli . C'est un monde que je découvre et que
je trouve d'une grande richesse. Je collabore parfois avec ZEVS qui
vient de ce milieu, on a par exemple fait un film ensemble, une K7 que
l'on a faite circuler, sous le manteau, à la manière d'un
snuff movie.
J'ai aussi été peindre dans les tunnels du métro
avec O'CLOCK qui est l'une des grandes figures du graffiti Parisien
... Je pense que l'essence du graffiti et ce qui me rapproche de lui,
c'est le coté illégal et obsessionnel, ça déteint
sur nos modes de vie.
Quel est votre message ?
Je n'ai pas de message. Le message c'est l'invasion! Et puis il ne faut
pas oublier que ces créatures sont issues d'un jeu vidéo.
Il y a quelque chose de très ludique dans tout ça. Il
y a aussi cette idée d'amener le virtuel vers le réel
en transformant les villes en terrains de jeux video. Ceci dit, ma démarche
se rapproche également de celle des hackers qui répandent
des virus au sein d'un système.
Le mot de la fin
Alert
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